
Le Maroc était à l’honneur dans la deuxième quinzaine de mai à Besançon (Est de la France), à l’occasion de la 91è Foire comtoise.Tourisme, art culinaire, artisanat, exposition photo étaient au menu pour mettre en exergue les richesses du royaume chérifien.
Un pont commercial et culturel entre la France et le Maroc
En 20 ans, c’est la troisième Foire comtoise pour Zakia El Beggar, propriétaire d’un magasin d’artisans d’art créé en 2013 et installé rue Bersot à Besançon.Cette année, son magasin La Fibule a pris ses quartiers au sein du village d’honneur réservé au Maroc à Micropolis, l’espace bisontin réservé aux expositions d’envergure. Spécialité de l’enseigne, les produits cosmétiques à base d’argan. L’entrepreneure se rend au Maroc deux fois par an pour y faire confectionner tous ses produits. “Je travaille directement avec les artisans, et je touche vraiment à tout l’art marocain”, explique-t-elle.Durant la Foire comtoise, elle présentait des tabourets fabriqués à partir de chutes de tissu de prêt-à-porter en recyclage. “Quand le tailleur avec qui je travaille a terminé la coupe de vêtements, les chutes récupérées partent chez mes artisans qui feront alors un tressage. On ne voit pas ça habituellement, au Maroc”, souligne-t-elle.

Ali El Bakkari lui gère une agence de tourisme au Maroc.L’agent de voyages connaît bien l’art de vivre nomade d’autant que sa propre maison est située dans le désert du Sahara.La cible la plus intéressée par le tourisme marocain est la France. La question première de ses clients concerne la sécurité. “On est là pour expliquer que le Maroc est plus sûr que la France”, avance-t-il lorsqu’Afrikatv l’interroge, tout en notant un regain d’engouement depuis quelques mois. Dans ses propositions d’aventures, il préfère montrer l’arrière-pays, “le Maroc authentique”. Au catalogue du promoteur, une découverte d’animaux du désert, à dos de dromadaire. Le voyageur peut en plus pratiquer le yoga, la sophrologie en zone saharienne. Même faire du trek. Ali s’attèle à offrir un tourisme équitable qui emmène le visiteur à, par exemple, travailler avec les Berbères dans la montagne, partir échanger avec les nomades, passer une nuit à la belle étoile ou en bivouac sauvage.
Marrablanca, un spectacle pour revisiter les époques musicales du Maroc
“Un bivouac sonore”, pourrait-on qualifier le spectacle Marrablanca offert chaque jour à la Foire comtoise. Marrablanca définit par contraction une ligne de la Marrakech centrale jusqu’à la Casablanca du sud. Cette prestation artistique 100% marocaine contenait différentes esthétiques du pays au-delà de sa musique folklorique. Des sonorités berbères pour commencer, de la musique traditionnelle, d’inspiration chaabi par la suite. Marrablanca ouvrait en même temps une fenêtre sur des décors mirifiques. Les musiques sahariennes et dinawa avaient elles aussi leur place dans le répertoire.Entre chaque morceau, un narrateur parlait des origines du genre qui allait s’ensuivre. Il décrivait la façon de vivre dans tel ou tel lieu, avec les traditions et le patrimoine. A travers ses explications, il convoquait un besoin de transmission. Les danses qui accompagnaient les orchestrations constituent une chevauchée à travers le territoire chérifien; Le tout s’achevant sur un morceau engagé, emprunté à une formation révolutionnaire des années 70. Si riche de ses rythmes et de ses artistes, la culture musicale au Maroc ne saurait être représentée entièrement dans une setlist enfermée dans le temps.
Des facettes du Maroc, à la Foire comtoise et dans Marrablanca, “il en manquait beaucoup”, pense Mohamed Assani, guitariste berbère qui a partagé la scène du spectacle. Marrablanca, visite dans les époques, dans un espace scénique très long, totalement occupé en profondeur physique et temporelle. 3.000 ans d’histoire revisité. Le Maroc ro-ya-le-ment célébré tout simplement!
